7 novembre 2008 - 7 novembre 2009. Déjà une année depuis que la société haïtienne a vécu un événement tragique où des écoliers et enseignants ont trouvé la mort dans l'effondrement du Collège la Promesse Evangélique.
Cet établissement scolaire comptait environ huit cents (800) élèves. Selon les estimations des parents des victimes, environ cent trente (130) personnes dont sept (7) enseignants ont perdu la vie, alors que le bilan officiel chiffrait le nombre de décédés à quatre-vingt quatorze (94) personnes.
Cette tragédie a révolté la conscience de tous et a mis à nu les faiblesses de l'Etat haïtien, totalement dans l'incapacité de protéger ses citoyens. Plusieurs vies auraient pu être sauvées si les autorités haïtiennes avaient les moyens de voler au secours des personnes vivant encore sous les décombres. De plus, ce drame, suivi de moins d'une semaine de l'effondrement partiel de l'Etablissement Grâce Divine, a porté les autorités à se rendre compte de l'état de délabrement de certains établissements scolaires
Le gouvernement haïtien et les autorités locales ont annoncé un ensemble de mesures dont entre autres : la prise en charge par l'Etat des frais d'obsèques des victimes décédées et des soins médicaux des blessés ainsi que la redistribution des élèves survivants dans d'autres établissements. Un an après, qu'en est-il de toutes ces promesses ?
Les parents des corps retrouvés ont reçu de l'Etat haïtien un montant de cent mille (100.000) gourdes pour chaque mort et, ceux des blessés ont reçu entre trente-mille (30.000) gourdes et cinquante mille (50.000) gourdes, selon la gravité des blessures. Cette subvention ne prend pas en compte les dépenses supplémentaires consenties par les parents.
Parmi les survivants, au moins deux cent soixante et un (261) ont été orientés vers trente-cinq (35) établissements en vue de leur permettre de boucler le reste de l'année académique 2008 - 2009. Toutefois, quelques rares directions d'écoles ont bénéficié de la subvention promise, au prix de nombreuses démarches entreprises par celles-ci. En septembre 2009, plusieurs des élèves ont été remerciés et, certaines directions ont retenu les carnets scolaires pour cause de non paiement.
Plusieurs établissements scolaires sont délabrés et fonctionnent sans cours de récréation, sans sortie de secours. Ces établissements constituent une constante menace pour des centaines d'enfants.
Le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) note que le les autorités en place n'ont tiré aucune leçon du drame survenu à Nerrettes. Il déplore que les mesures, annoncées à grand renfort de publicité, n'ont, en fait, duré que le temps d'un feu de pailles. Aujourd'hui encore, plusieurs bâtiments scolaires sont en piteux état. Ajoutés à cela des établissements scolaires à l'instar des maisons privées, sont loués pour des périodes allant jusqu'à 8 années, par des compagnies privées de téléphonie mobile. Ces dernières installent sur les toits desdits bâtiments des matériels tels : des génératrices fonctionnant vingt quatre heures par jour, des tours d'antennes émettant des ondes magnétiques nocives à la santé et considérées cancérigènes par des spécialistes et des réservoirs mobiles de stockages de carburant. Nombreuses sont les maisons qui risquent de connaitre le même sort que l'établissement « La Promesse Evangélique ».
Le RNDDH constate que l'Etat Haïtien n'a pas suffisamment encadré les parents des victimes et qu'aucune mesure n'a été prise pour protéger tous les citoyens en particulier les plus faibles et ceux qui n'ont pas d'accès aux informations relatives à leur vie et à leur santé.
Le RNDDH renouvelle ses sympathies aux parents et amis des victimes du drame de Nerrettes.